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Photo : Marine Badoux

Un homme poussé au suicide?

La terrible nouvelle a été annoncée ce lundi matin à son épouse. Son décès a créé une vive émotion chez ses amis et proches. Et après l’émotion, un grand sentiment d’injustice et de colère. Sa famille était rassemblée ce lundi devant le portail de la prison de Corbas avec des pancartes explicites. Elle menace de porter plainte pour violences volontaires contre le commissariat de Givors qui a organisé la garde à vue de Farid et contre la prison de Corbas qui n’a rien mis en place pour protéger leur proche qui suivait un traitement psychiatrique lourd.

La spirale infernale commence le week-end du 1er janvier : un bar de Givors est victime d’un cambriolage. Il manque une machine à café, une machine à cacahuètes et 80 euros dans la caisse. On accuse Farid d’être complice du cambriolage, ce qu’il conteste dès son interpellation. Mais Farid a déjà effectué plusieurs courtes peines de prison ferme pour trafic de stupéfiants et vol et possède un casier chargé. Et des traces de sang permettent de le confondre. Il rétorque qu’il est un habitué et que ces traces ne veulent rien dire.

Une garde à vue qui tourne à l’acharnement

Arrêté mercredi, il effectue une garde à vue de 48 heures, durant laquelle il est assailli de questions. Il le vit très mal. S’ajoutent à cela deux perquisitions musclées à son domicile – qui ne donnent rien. Les agents de police lacèrent un pouf, déchirent les tableaux, cassent les cadres de photos. Lotfi, son frère, explique qu' »ils ont tout mis à sac devant lui et l’ont poussé à bout ». Il insiste: « ils l’ont humilié ». Il accuse l’inspecteur du commissariat de Givors (ndlr, commissariat déjà mis en cause dans une affaire semblable en 2008. Cf. Lyon Capitale N°676) d’être responsable de cette violence et d’avoir proféré des menaces avant l’arrestation. Pas de commentaire du côté du commissariat. « Ils ont même traité sa femme de « pute » devant lui », affirme Maître Frédéric Lalliard, son avocat. Les agents vont jusqu’à chercher son épouse sur son lieu de travail. A cause de cela, son contrat d’intérimaire ne lui est pas renouvelé.

Vendredi 7 janvier, Maître Lalliard retrouve son client à midi, avant son audience en comparution immédiate, avec des rougeurs dans le cou et des traces de coups. « Il était abattu et en pleurs », note l’avocat, qui espère qu’on le jugera irresponsable du vol. Le suspect a une tumeur au cerveau qui l’empêche de travailler. Il est reconnu à 80 % invalide et touche une pension d’adulte handicapé de 800 euros. Son frère Lotfi indique aussi que Farid est une personne déséquilibrée, avec une toxicomanie et des troubles schizophrènes. Avant l’audience, il écope d’un outrage à un officier de police judiciaire. L’audience se passe très mal. Farid est agressif, violent. « Il a débarqué comme un fou furieux et il ne laissait pas le président s’exprimer. Il s’est fait exclure au bout de 5 minutes, » indique son avocat. Suite à cela, le juge demande une expertise psychiatrique.

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