Un collectif pour faire la lumière sur les suicides en prison

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Le 1er janvier, le corps inanimé d’Olivier V. est découvert à la maison d’arrêt de Laon. Suicide ? Accident ? Personne ne sait. En février, à Laon toujours, c’est Yannick Devoir qui est retrouvé mort par ses codétenus. En mars, le corps de Belkheir, 24 ans, est retrouvé à la prison de Marseille. Sa compagne ne croit pas à la thèse du suicide.
A Lille, Mont-de-Marsan, Châlons-en-Champagne, Paris, Perpignan, Varennes-le-Grand, Agen, Villepinte… des hommes et des femmes sont morts « sans raison » au cours de leur détention. Sur 85 suicides en prison depuis le 1er janvier 2009, on compte 13 morts suspectes, le plus souvent classées comme « suicide ».

Pour lutter contre le silence de la justice sur ces morts suspectes, avocats et familles se sont rassemblés ce jeudi matin devant le tribunal de Créteil.

« Une altercation avec des surveillants »

La famille de Marlon Goodwin, retrouvé pendu à Fresnes le 11 juillet, s’y rendait pour obtenir l’ouverture d’une instruction. Le parquet de Créteil a ouvert une enquête de police. Pour Freddy Brillon, l’avocat de la famille, il s’agit d’un homicide :

« Marlon a été condamné à quatre mois de prison pour des faits bénins et il n’en est pas ressorti vivant. C’est donc à une peine de mort déguisée qu’il a été condamné ! »

Marlon Goodwin, 32 ans, père d’un enfant de 8 ans, aurait eu une altercation avec des surveillants. C’est ce que dénoncaient les tracts que sa famille et ses amis brandissaient ce jeudi matin devant le tribunal de Créteil.

« Nous navons aucune information, rien ! »

Accompagnée de son avocate, Delphine Malapert, Nora est venue apporter son soutien à la famille de Marlon Goodwin. Son frère, Samir, purgeait une peine de quatre ans à la maison d’arrêt de Villepinte. Le 6 janvier 2009 au matin, les surveillants ont retrouvé le jeune homme de 24 ans sans vie. Comme la famille de Marlon, celle de Samir a porté plainte pour « homicide volontaire ou involontaire et non-assistance à personne en danger ».

Six mois plus tard, la famille de Samir ne sait toujours pas pourquoi il est mort. Sa soeur Nora exige des explications de la part de la justice :

« Nous n’avons aucune information, rien ! On sait qu’il a été violent ce soir-là parce qu’il s’énervait de ne pas obtenir plus vite son transfert à la Santé, pour être plus proche de sa famille.

J’ai vu son corps et je n’ai pas reconnu le visage de mon frère. Il avait des bleus. On a retrouvé des traces de médicaments dans son sang alors qu’il ne prenait pas de médicaments. Pas plus qu’il n’était suicidaire. Personne n’est capable de nous donner une explication.

On doit se bagarrer pour avoir des détails. On ne sait même pas à quelle heure il est mort. On doit savoir. Qui lui a donné des médicaments ? Pourquoi son visage était couvert de bleus ? Qu’est-ce qui s’est passé avec les surveillants ? »

« Nous arriverons peut-être à une prise de conscience »

Les deux avocats ont décidé, pour lutter contre cette situation « indigne », de se constituer en collectif. « Seul, il est difficile de faire entendre sa voix. A plusieurs, nous arriverons peut-être à une prise de conscience », explique Delphine Malapert. L’avocate de Samir B. hésite puis déclare : « On n’ose pas le dire mais c’est peut-être un meurtre. »
source : rue 89.

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